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Les prix 2002

Cette année, les prix ont été remis dans le cadre de la soirée Gala du 10e colloque de l’AQS, le vendredi 17 mai 2002 au Musée canadien des civilisations à Hull.

Les récipiendaires sont les personnes suivantes :

Les textes ayant servi à présenter les récipiendaires lors de cette soirée sont dévoilés ci-après.

Prix Jean-Phaneuf

La récipiendaire du Prix Jeau-Phaneuf 2002 œuvre en prévention du suicide à titre de bénévole depuis bientôt 10 ans. Elle s’est rapidement démarquée par son dévouement, son dynamisme et son esprit d’initiative.

Assidue et ponctuelle, elle cumule près de 1600 heures de présence en salle d’intervention téléphonique à travers plus de 800 interventions.

Celles et ceux qui l’ont côtoyé et qui la côtoient encore reconnaissent sa grande richesse intérieure, son empathie, sa discrétion, son écoute et son réel sens de l’engagement. Ses qualités d’être l’amènent à élargir son champ d’action. Du soutien sur le plan clérical à la tenue de kiosque d’information, en passant par l’accueil des participants au congrès annuel du centre de prévention du suicide de sa région. S’il y a un boulot à faire, quel qu’il soit, petit ou gros, non seulement il ne la rebutera pas mais il sera très bien fait.

Dans toutes ces activités, elle fait preuve d’une grande aisance et va, avec beaucoup d’ouverture, au devant des gens, jeunes ou moins jeunes, pour aborder avec eux ce sujet fort délicat qu’est la prévention du suicide.

Cette jeune retraitée fait preuve d’une grande disponibilité et d’une véritable générosité, et ce, bien au-delà de l’engagement officiel. À titre d’exemple, régulièrement elle se rend dans les salons funéraires pour offrir écoute et soutien aux familles éprouvées par un suicide, témoignant ainsi de la profondeur et de la persévérance de son engagement.

Depuis 1993, elle a participé, à plusieurs niveaux à l’effort régional pour la prévention du suicide.

Elle représente sans contredit ce genre de personne qui, dans l’ombre, contribue significativement à transmettre l’espoir et la paix à ceux et celles qui souffrent.

En reconnaissance de la générosité et de la grandeur d’âme de cette bénévole du centre de prévention du suicide de Chicoutimi, le jury décerne le Prix Jean-Phaneuf 2002 à :

Madame Marlène Gagnon

Prix Réjean-Marier

Cette année, le jury remet ex æquo le Prix Réjean-Marier à deux pionnières de la prévention du suicide.

Deux femmes exceptionnelles, deux générations, deux époques mais le même combat, une même énergie et surtout une volonté inébranlable de briser le tabou qui entoure le problème du suicide.

Elles se ressemblent par leur engagement, leur détermination, leur courage, l’effort de trouver les mots, d’inventer les gestes et ainsi de créer de l’humanité auprès des femmes et des hommes, jeunes ou adultes, de leur communauté.

C’est avec plaisir que je vous présente ces deux pionnières :



Jeune femme au courage et à la patience exemplaires, elle œuvre depuis plusieurs années au sein d’une communauté où le suicide est un problème encore tabou et où il est difficile d’en parler ouvertement.

En mettant sur pied des projets visant à rejoindre les personnes vulnérables, en particulier les jeunes hommes de sa communauté, en inventant des façons différentes d'aller vers eux et de leur tendre la main, elle a eu un impact structurel profond sur la prévention du suicide parmi les siens.

Elle est reconnue pour son leadership, sa ténacité, son inventivité et la persévérance de son engagement. Les jeunes auprès desquels elle œuvre, ses pairs, ses employeurs, les responsables de sa communauté, tous apprécient à la fois sa personnalité décidée et sa conviction affirmée, son engagement indéfectible auprès de ses concitoyens.

Tant par son parcours personnel que par son implication professionnelle, elle crée de l’humanité et envoie un message d’espoir : comme individu, on peut s’en sortir.

Membre fondatrice et vice-présidente de l’Association Prévention Suicide des Premières Nations, elle s’est donnée pour objectif de promouvoir le mieux-être de la jeunesse Atikamekw. C’est dans cette optique qu’elle œuvre à titre d’intervenante en prévention du suicide dans le cadre du programme Mikon et à titre de responsable locale du Cirque du monde.

Je me permets de citer des extraits de la lettre de monsieur Paul-Émile Ottawa, chef du Conseil des Atikamekws de Manawan :

« Je la connais depuis son jeune âge. Tout en étant très unie à sa famille, elle est la seule qui a choisi de vivre sur la réserve... Son empathie, sa capacité d’écoute, ses aptitudes dans la relation d’aide l’ont convaincue qu’une porte était ouverte pour elle dans l’intervention communautaire vouée à la prévention du suicide…

C’est uniquement armée de son courage et de sa détermination à toute épreuve, qu’elle entame son travail auprès des jeunes dont les attentes et les besoins sont souvent inversement proportionnels aux ressources disponibles… Cette rareté de ressources l’a poussée à redoubler d’ardeur et d’acharnement… Face à l’indice de détresse psychologique et les problèmes sociaux vécus dans la communauté, elle s’est toujours employée à des stratégies axées sur la promotion de la vie et du mieux-être de la collectivité. Pour elle le succès passe par l’équilibre entre l’individu et son environnement…

C’est son rêve le plus cher que de mobiliser l’ensemble des ressources disponibles vers un objectif commun, soit : la guérison communautaire, la reconstruction sociale et la ré-harmonisation au sein de la collectivité. Comme elle le dit elle-même : c’est à ces conditions essentielles que l’espoir renaîtra… »


En lui remettant le Prix Réjean-Marier, le jury reconnaît ce qui se fait de différent en prévention du suicide dans une communauté dont la réalité est également différente. Mesdames et Messieurs, je vous présente la première récipiendaire du Prix Réjean-Marier 2002, qui par son implication permet de GARDER LE RÊVE VIVANT :

Madame Mélanie Petiquay

Prix Réjean-Marier

Cette femme de grande envergure est une pionnière de la prévention du suicide au Québec. Il y a deux décennies, alors que le problème du suicide représentait un tabou important dans notre société, elle a embrassé avec conviction la cause de la prévention, qu’elle a fait connaître partout à travers le Québec et jusque dans la francophonie internationale.

Depuis, son engagement ne s’est jamais démenti que ce soit sur le plan de la recherche, du travail clinique auprès des personnes qui souffrent, dans la mise en place de programmes destinés aux communautés, dans l’initiation de projets novateurs d’importance, de la sensibilisation de la population et des gouvernements. Son engagement a été de tous les instants. Toutes ces démarches ont ainsi créé de l’humanité.

Partout dans son action, elle a démontré ses grandes qualités de rassembleur. Elle sait communiquer sa foi et son ardeur, stimulant ceux et celles qui l’entourent à donner le meilleur d’eux-mêmes.

Elle est respectée et appréciée par ses pairs, ses vis-à-vis gouvernementaux et ses collaborateurs québécois et étrangers. Tous reconnaissent son courage, son leadership, sa ténacité, son sens de l’écoute et du partage.

Si aujourd’hui au Québec, nous en sommes là où nous sommes, si la population est davantage informée sur son rôle dans la prévention du suicide, si les instances gouvernementales sont désormais convaincues de la gravité du problème et de l’absolue nécessité d’agir, c’est grâce à son travail structurel, son travail de fond et de longue haleine.

Cette femme visionnaire a été, tout à tour :

  • Coordonnatrice des services à la communauté à Suicide-Action Montréal;
  • Responsable du dossier suicide au DSC Cité de la Santé puis à la Régie régionale de Laval;
  • Responsable de la ressource suicide de Laval;
  • Directrice de l’AQS qu’elle a co-fondé;
  • Et maintenant coordonnatrice de la recherche au CRISE.

La liste de ses réalisations, projets, approches et outils qu’elle a développés est impressionnante.

Femme de cœur, femme de tête, femme de grande foi, elle fait partie de ces personnes dont l’engagement et les réalisations ont changé la face de la prévention du suicide au Québec.

Nous lui devons beaucoup et c’est avec fierté que le jury de sélection des prix 2002 de l’AQS décerne le prix Réjean-Marier à

Madame Sylvaine Raymond

Alain Johnson
Présidant du jury

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 * 6 juin 2002  
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 (Rév. 10/3/2006