Les étapes du deuil :
Pour les personnes endeuillées par suicide, les réactions de deuil peuvent être qualitativement différentes à plusieurs égards de celles provoquées par n'importe quelle autre mort tragique. Il arrive que des réactions telles la culpabilisation, la colère, une impression de rejet ou de honte, des idées de suicide et l'acharnement à trouver une explication au geste, soient plus intenses et qu'elles agissent sur le deuil.
Tout dépendant des auteurs, le nombre d’étape dans la résolution du deuil peut varier. Voici les 4 principales :
Bien sûr, chaque personne touchée par un suicide tentera de traverser ces étapes à sa manière, avec ses forces et ses limites personnelles, mais aussi en allant chercher de l'aide.
La personne est encore sous le choc. Elle ne réalise pas encore la perte de l’être cher. La personne peut avoir l’air de fonctionner sur le « pilote automatique ». C’est une période saine qui déconnecte l’endeuillé de ses émotions, pour lui permettre de tranquillement s’adapter à la situation.
On doit faire face à la perte d'un être cher. C’est généralement difficile à accepter, on ne veut pas y croire. La colère, la culpabilité et les questionnements sont très présents.
Cette phase s'amorce quand la personne prend peu à peu conscience du caractère permanent de la perte. Il peut y avoir colère, rage, anxiété, douleur, désespoir. Il faut redéfinir sa vie sans la présence de l'être aimé.
C'est la période durant laquelle l'acceptation de la perte se fait progressivement. On pourrait parler d'une phase de réadaptation. C'est l'aboutissement du processus de deuil. La douleur n'a pas disparu mais prend de moins en moins de place, et ce même si elle revient parfois subitement à des moments ou à des dates particulières.
Le deuil causé par un suicide est un deuil normal qui comporte des particularités. Choc, déni, refus d'accepter la nature de la perte… On doute souvent de la véracité de la thèse du suicide. On recherche une explication, un coupable, une cause. « Pourquoi? » est une question souvent laissée sans réponse. Plusieurs sentiments peuvent naîtrent chez les personnes vivant le deuil.
« Qu’ai-je fait, omis de faire ou aurais pu faire... », « Si j'avais fait ceci »… Le sentiment de culpabilité est souvent dirigé vers soi-même. On se sent impuissant, incompétent.
Il s’agit d’un sentiment souvent difficile à exprimer car il est dirigé contre la personne qui s'est suicidée, celle que l'on aime. On ressent alors ce geste comme du rejet, de l'abandon.
Le suicide porte encore son héritage social de tabous. Il n'est pas étonnant qu'un sentiment de honte puisse s'installer. Par crainte du jugement social, plusieurs choisissent de ne pas en parler, de s'isoler, ce qui rend le deuil plus difficile.
Il semble que la communauté juge plus sévèrement les personnes endeuillées à la suite d’un suicide. On remarque des réactions émotives et de détresse qui peuvent conduire à des manifestations d'évitement, d'accusation et de blâme qui auront pour conséquence d'isoler la personne endeuillée.
Quoi faire si vous avez perdu quelqu’un par suicide :
Les services d’aide pour les personnes endeuillées visent particulièrement l'expression des émotions, l'identification des sentiments d'isolement liés à la peur et à la crainte du jugement.
Il ne faut surtout pas hésiter à demander de l'aide auprès des ressources de la communauté.
En appelant au 1-866-APPELLE (1-866-277-3553), il sera possible de connaître les ressources offrant des services tels que le suivi de deuil ou des groupes pour endeuillés.
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