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i Revenir i Documentation i Le Vis-à-vie i Volume 9 i Nº 3 article 2  
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La revue le Vis-à-vie, vol. 9 nº 3, 1999

Le thème de ce numéro est « Suicide et maladie mentale ».

L'approche biopsychosociale de la maladie mentale vue par un psychiatre

Pierre Lalonde
Médecin psychiatre à la clinique jeunes adultes de l'Hôpital Louis-Hyppolite-Lafontaine


Depuis des millions d'années, le cerveau humain s'est développé en se modelant selon l'expérience de tous les humains qui ont eu à réagir avec leur environnement. Le cerveau est maintenant devenu un organe nous permettant

  • d'analyser avec subtilité des informations, des stimuli;
  • de ressentir des émotions: compassion, amour, colère, tristesse, désespoir;
  • d'émettre des réponses, de poser des actions: parler, affronter, fuir et même penser à se suicider.

Aujourd'hui, nous savons que le cerveau d'un nouveau-né n'est pas comme un ordinateur qu'on branche et qui se met à fonctionner. C'est cent milliards de cellules malléables dont les interconnexions vont se faire, se défaire, se renforcer, disparaître selon les interactions avec l'environnement. Et ce développement continue pour toute la vie. Le fonctionnement psychique (psycho) et les réactions émotives se programment graduellement dans le cerveau (bio) selon les interactions qui surviennent avec l'entourage (social). Il n'est pas surprenant que des dysfonctionnements puissent survenir dans ce processus complexe.

La maladie mentale

On divisait autrefois la maladie mentale en deux catégories:

  • soit une défectuosité primaire de l'appareil (le cerveau), comme dans la déficience intellectuelle, l'autisme, la maladie d'Alzheimer, etc.
  • soit un dysfonctionnement du cerveau secondaire à une perturbation causée par l'entourage comme dans la schizophrénie, la dépression, les troubles anxieux, le stress post traumatique, etc.

On sait aujourd'hui, que toutes ces maladies mentales sont plutôt reliées à une perturbation d'une interaction circulaire: un cerveau (bio) plus vulnérable est plus facilement affecté (psycho) par l'entourage (social).

Et l'intervention

Les psys essayent surtout d'améliorer ce qui se passe dans le cerveau de la personne par des médicaments et/ou des psychothérapies. Mais ils ont peu de moyens d'agir sur les événements environnants. Ce sont plutôt les environnementalistes, les sociologues, les politiciens, etc. qui vont essayer d'atténuer les irritants qui peuvent perturber l'individu.

Dans l'intérêt d'une intervention humaniste et réaliste, il est souhaitable que les intervenants puisent intégrer une compréhension bio-psycho-sociale de l'humain. Le soutien qu'on offre à une personne en détresse découle en fait de méthodes thérapeutiques qui ont été validées par des chercheurs.

Et l'intervention thérapeutique se fonde sur une causalité circulaire qui permet une meilleure perception de la complexité du fonctionnement humain. On peut ainsi saisir aisément les interactions des processus biologiques avec les fonctionnements affectifs et cognitifs. On peut aussi mieux comprendre pourquoi diverses thérapies produisent toutes des effets observables, car la modification d'un élément du système se répercute sur les autres:

  • les médicaments modifient la biologie
  • la psychanalyse fait revivre les émotions dans le transfert
  • la thérapie comportementale modifie le comportement
  • l'approche cognitive corrige les cognitions erronées

Note

Voir le chapitre 1 " Psychiatrie bio-psycho-sociale " dans LALONDE P., AUBUT J., GRUNBERG F., Psychiatrie clinique: approche bio-psycho-sociale - 3 édition - 832 pages, Montréal - Gaëtan Morin éditeur (1999)

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 (Rév. 30/09/01