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La revue le Vis-à-vie, vol. 10 nº 1, 2000

Le thème de ce numéro est « Spécial Premier congrès international de la francophonie en prévention du suicide ».espace photo

Journée Pré-congrès
Le deuil et les activités de postvention

Monique Séguin
Professeure de psychologie sociale à l'UQAH


La journée pré-congrès sur le deuil et les activités de postvention fut certes chargée, tant par la variété du contenu que par le nombre d'intervenants. Lors de cette journée, les intervenants ont présenté différentes dimensions du deuil, ainsi qu'une panoplie d'activités de postvention.

Nous avons tout d'abord abordé les dimensions psychologiques, émotives et sociales du deuil par suicide. L'ensemble des présentations proposait une conception du deuil sous deux angles. Le premier, comme un processus évolutif où s'entremêlent tout une variété d'émotions, de sentiments et d'états divers et le deuxième, comme un processus d'adaptation en vertu duquel la résolution du deuil est influencée par des caractéristiques présentes avant le deuil, comme les différences individuelles, culturelles et sociales. Tout au long du processus de deuil, certaines caractéristiques personnelles joueront un rôle de premier plan car elles permettront d'en arriver à une évaluation encourageante de l'avenir, de réduire le niveau de stress et de favoriser l'expression des émotions, ce qui mènera à une compréhension constructive du suicide du proche. La trajectoire menant à la résolution du deuil dépendra de la conjugaison de divers éléments qui, au moment du deuil, font partie du contexte de vie d'un individu. C'est ainsi que le deuil se rajoutera à toutes les pertes antérieures, qu'il y en ait eu beaucoup ou peu. Comme les trajectoires de vie sont toutes différentes, comme elles sont comprises et interprétées différemment par les individus, l'adaptation au deuil prendra, elle aussi, des formes et des trajectoires multiples.

Les activités de postvention
Au cours de cette journée thématique, les intervenants ont aussi abordé les activités de postvention, soit celles qui sont réalisées en clinique auprès d'individus ou de groupes (de soutien, d'entraide, de parrainage, etc.), celles qui sont effectuées auprès des enfants et enfin, celles qui sont réalisées en milieu scolaire après le décès d'un jeune par suicide. Il semble que la même conclusion s'impose toujours : peu importe leur âge, les enfants et les jeunes qui perdent un proche par suicide verront leur univers familial perturbé. Des changements dans l'équilibre familial et des bouleversements émotifs s'ajouteront à l'expérience particulière de ces jeunes endeuillés par suicide, ce qui ne sera pas sans exercer une influence sur leur développement psychosocial.

Les intervenants ont aussi souligné que les personnes endeuillées par suicide ne cheminent pas nécessairement de manière linéaire et qu'il est peu probable qu'elles traversent le deuil en quelque mois. En cours de cheminement, il y aura inévitablement des hauts et des bas et même des régressions lors des phases de transition, particulièrement chez les jeunes.

On a également insisté sur l'importance d'établir un programme de soutien au deuil qui soit planifié de façon à se prolonger dans le temps, alors que peu de programmes d'intervention sont prévus à long terme.

En terminant, j'aimerais remercier Francine Gratton, Dolorès Angela Castelli, Joyce Chagnon et Rodrigue Gallagher pour leurs interventions éclairantes et leur précieuse collaboration lors de cette journée thématique. Un grand merci aussi à tous les participants, car ils ont grandement contribué à enrichir les débats grâce à leurs interventions et leurs commentaires. Si nous devions recommencer cette journée sur le deuil et les activités de postvention, je souhaiterais favoriser encore plus les échanges avec les participants. Un projet pour le prochain congrès, peut-être ?

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 (Rév. 28/11/01