La revue le Vis-à-vie, vol. 10 nº 2, 2000
Le thème de ce numéro est « Suicide et orientations sexuelles ».
Suicide-Action Montréal et Gai Écoute : un projet conjoint de formation et de sensibilisation
Michel Pressault
Suicide-Action Montréal
En 1998, l'équipe de Suicide-Action Montréal (SAM) a réfléchi à ce qui devrait être fait pour avoir davantage d'impact sur les taux de suicide. L'un des constats importants, c'était que les personnes suicidaires frappaient à différentes portes et exprimaient leur détresse à différents intervenants. On constatait également que certains groupes de la population étaient plus à risque de penser au suicide ou de se suicider.
Ainsi, en formant et en supportant les intervenants qui côtoient une clientèle plus à risque, SAM pense augmenter ses chances d'atteindre les personnes ayant besoin d'aide.
En collaborant avec les organismes qui se préoccupent de ces clientèles, il est possible d'atteindre un plus grand nombre de personnes.
En collaboration avec Gai Écoute, SAM a élaboré un projet de formation et de sensibilisation à l'échelle montréalaise. Notre principal objectif était de former (ou sensibiliser) des employés et des bénévoles oeuvrant dans tous les organismes montréalais offrant des services spécifiques aux gais et lesbiennes, afin que ceux-ci soient plus à l'aise de comprendre, de dépister, d'aider et
d'orienter les personnes suicidaires et leurs proches.
François Béchard, directeur de Gai Écoute, est une personne reconnue dans la communauté des gais et lesbiennes du grand Montréal. Il a déjà reçu une formation de Suicide-Action Montréal et il est sensible à la problématique du suicide. Dans notre projet, son aide a été précieuse, car il a grandement contribué à nous ouvrir de nombreuses portes.
Dans un premier temps, on a ache-miné une demande de subvention à la Régie régionale de Montréal-Centre. Dès qu'elle nous a été accordée, une invitation a été lancée aux principaux organismes de la communauté. Deux formats de cours leur étaient offerts. Le premier, une formation de deux jours à l'intention des employés et des bénévoles jouant un rôle clé (responsable de formation) au sein de leur organisme. Pour le deuxième, nous avons proposé une session de sensibilisation d'une journée à tous les autres bénévoles impliqués dans la communauté, afin de leur permettre d'être eux aussi sensibilisés à la pro-blématique du suicide.
Les contenus de ces deux formats de cours étaient assez similaires, quoique la formation de deux jours permettait d'aller plus loin et de développer un savoir-faire en réalisant des jeux de rôle ou des discussions de cas.
Après une campagne de promotion auprès des personnes concernées, les sessions de formation ont débuté au printemps 1999.
D'abord, 25 personnes de dix organismes différents ont participé à l'une des deux formations de deux jours (septembre et mars 1999). Jusqu'à ce jour, 30 personnes ont assisté à l'une des quatre sessions de sensibilisation (octobre à février 2000). En mars 2000, deux autres sessions d'une journée ont réuni pas loin d'une trentaine de participants.
À la fin du projet, nous aurons donc formé de 70 à 100 personnes provenant d'une quinzaine d'orga-nismes de la région montréalaise : Gai Écoute, Gailine, Projet 10, Jeunesse Lambda, Alliance des psychothérapeutes (GLBM), Gris Montréal, Centre communautaire des gais et lesbiennes, Séro-Zéro, Association des pères gais de Montréal, Groupe d'intervention en violence chez les lesbiennes, Centre des femmes de Verdun, Centre des femmes de Rivière-des-Prairies et Projet groupe de discussion de Laval.
À Gai Écoute comme à Suicide-Action Montréal, les instigateurs du projet sont très satisfaits du taux de participation des gens de la communauté. Désormais mieux outillés face à cette problématique, ces derniers connaissent mieux les nombreux services que Suicide-Action Montréal offre à toute la population du Grand Montréal, incluant la clientèle spécifique des gais et les-biennes.

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