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La revue le Vis-à-vie, vol. 11 nº 1, 2001

Le thème de ce numéro est « Suicide et marginalité ».photo auteur

Éditorial
Suicide et marginalité

François Chagnon Ph.D.
Conseiller à l’Institut universitaire des Centres jeunesse de Montréal
Assistant directeur au Centre de recherche et d’intervention sur le suicide et l’euthanasie (CRISE) Université du Québec à Montréal


Le taux de suicide se répartit de manière différente selon les caractéristiques des personnes et de leur milieu de vie. Bien que cette problématique dramatique affecte toutes les couches de notre société, certains sous-groupes apparaissent nettement plus à risque. Ainsi, une approche efficace de la prévention du suicide devrait permettre de cibler les groupes les plus à risque et mettre en place des moyens d’intervention spécifiquement adaptés aux besoins de ces personnes.

Au nombre des groupes à risque élevé figure un ensemble très hétérogène de jeunes et d’adultes qualifiés de « marginaux ». Ce numéro du Vis-à-vie est consacré aux groupes identifiés de jeunes et d’adultes qui, dans un parcours d’exclusion, vivent en marge de nos institutions et se retrouvent ainsi en position de plus grande vulnérabilité. Nous pensons ici aux jeunes de la rue, à ceux qui sont pris en charge par les Centres jeunesse et aux populations d’adultes itinérants ou incarcérés.

Paradoxalement, alors que des recherches récentes menées en sol québécois trouvent parmi ces populations marginales des taux excessivement élevés de décès par suicide, ces groupes sont peu susceptibles d’être rejoints par les approches traditionnelles en prévention du suicide. En effet, de par leur mobilité résidentielle, leur méfiance envers nos institutions et aussi leurs comportements souvent antisociaux, ces personnes sont peu perméables aux approches conventionnelles et obligent à développer des moyens innovateurs afin de prévenir le suicide.

Ce numéro du Vis-à–vie présente également des projets québécois visant à prévenir le suicide chez les jeunes et les adultes marginaux. Il fait aussi état de constats et de réflexions concernant la prévention du suicide auprès des groupes marginaux. Son objectif est de sensibiliser et d’informer les acteurs de la prévention du suicide des expériences déjà réalisées ou en cours, auprès de cette clientèle.

Les projets présentés dans le cadre de ce numéro spécial montrent qu’il est possible de mobiliser les ressources nécessaires afin d’entreprendre les efforts de prévention du suicide auprès de ceux qui sont en marge de notre société. Toutes ces actions encouragent à poursuivre les efforts engagés.

Je vous souhaite une bonne lecture !

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54  9 août 2004 
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 (Rév. 31/05/04