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La revue le Vis-à-vie, vol. 11 nº 2, 2001

Le thème de ce numéro est « Suicide et approches cliniques ».photo auteur

Travail social et intervention de crise

Élizabeth Vrakas, travailleuse sociale, M.S.W., s.w.
Chef d’équipe, McGill Université Health Center (MUHC),
Psychothérapeute en pratique privée


Les patients avec lesquels je travaille en tant que travailleuse sociale et chef d’équipe au McGill University Health Center (MUHC) nous parviennent d’habitude via l’urgence. À partir de ce point d’entrée, selon leurs besoins, il se peut qu’ils soient admis à l’interne. À leur sortie de l’hôpital, ils sont référés aux cliniques externes. Nous avons plusieurs cliniques externes spécia-lisées dans lesquelles je suis chef d’équipe : la clinique de schizophrénie, la clinique des troubles affectifs et la clinique d’intervention de crise. Nos équipes sont multi-
disciplinaires, chacune étant composée d’un psychiatre, d’une infirmière, d’un médecin généraliste et d’une travailleuse sociale. Mon rôle est de faire un suivi des patients qui consultent ces cliniques. Étant donné que ces patients nous arrivent de l’urgence, il s’agit en majorité de personnes qui souffrent de troubles psychiatriques (ex. schizophrénie, maniaco-dépression).

Lorsque j’ai un patient qui est suicidaire, tout d’abord j’évalue l’urgence suicidaire. Si l’urgence est élevée, le psychiatre de la clinique d’où provient le patient (ex. la cli-nique de schizophrénie) est contacté pour faire une évaluation plus approfondie et, si nécessaire, l’accompa-gner à l’urgence. Dans le cas où le psychiatre serait absent, j’essaie de contacter l’infirmière de la clinique, et si elle n’est pas disponible, j’accompagne personnellement le patient à l’urgence pour m’assurer qu’il soit pris en charge. Étant travailleuse sociale dans un milieu hospitalier, j’ai un accès presque immédiat à plusieurs ressources pour venir en aide à un patient suicidaire.

Ceci n’est pas nécessairement le cas avec les clients qui viennent me consulter dans ma pratique privée. Lorsque j’ai un client suicidaire, j’évalue d’abord et avant tout l’urgence suicidaire, et si celle-ci est élevée, je m’informe auprès du client s’il a un proche qui pourrait l’accompagner à l’urgence. Dans les cas où le client ne veut contacter personne ou lorsque personne n’est disponible, je l’accompagne moi-même à l’hôpital pour m’assurer qu’il va être pris en charge. Je fais souvent, par la suite, le suivi de ces clients en psychothérapie, tout en m’assurant qu’ils sont aussi suivis par un
psychiatre.

Selon mon expérience, il est plus facile de prendre en charge et d’aider une personne suicidaire qui est déjà dans le système hospitalier, tels les patients que je vois au MUHC comparativement aux clients qui viennent consulter en privé. À l’hôpital, je travaille avec des psychiatres, médecins, et infirmières. Le patient suicidaire est donc pris en charge par une équipe multidisciplinaire. Dans le cas des clients suicidaires qui viennent consulter en pratique privée, le suivi est plus difficile à faire puisqu’on ne peut pas être certains qu’ils vont aller chercher l’aide nécessaire auprès des ressources appropriées une fois qu’ils quittent notre bureau.

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59  9 août 2004 
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 (Rév. 06/06/04