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La revue le Vis-à-vie, vol. 13 nº 1, 2003

Le thème de ce numéro est « Créer de l'humanité / 10e colloque de l'AQS ».photo auteur

Le projet MARCO

Louis Lemay
Directeur adjoint,
Suicide-Action Montréal


Aide plus rapide aux personnes suicidaires et meilleur suivi
Suicide-Action Montréal (S.A.M.) et ses partenaires donnaient le coup d’envoi officiel du projet MARCO, le 26 septembre 2001, en signant trois protocoles dont le but commun est d’agir plus rapidement auprès des adultes en détresse suicidaire et d’assurer un suivi mieux coordonné dans autant de secteurs de l’île de Montréal.

Le suicide
Rappelons que 1 333 personnes se sont enlevé la vie au Québec en 1998, dont 300 à Montréal. Santé-Québec estime qu’à chaque année, sur l’île de Montréal, plus de 40 000 personnes pensent sérieusement au suicide. Pour chaque personne qui pense au suicide, il y a des parents, des enfants, un conjoint ou une conjointe, un milieu de travail qui sont touchés. Les vies perdues sont irremplaçables et la détresse engendrée par le suicide ou une tentative de suicide d’un être cher sont considérables. Il y a plus de québécois qui meurent à la suite d’un suicide que d’un accident de la route.

3 ans d’efforts
Devant l’ampleur de la problématique, le gouvernement lance en 1998 « La stratégie québécoise d’action face au suicide ». Dans ce document, les auteurs notent un manque important de continuité dans les services.

Le 1er octobre 1999 un groupe de 17 personnes de plusieurs organisations différentes se réunissent à l’initiative de S.A.M. pour identifier un projet permettant une meilleure continuité et une meilleure coordination des services. Le projet qui en ressort et qui prend forme maintenant s’appuie sur une compréhension commune des besoins et des problèmes vécus autant par la clientèle suicidaire que par les intervenants qui tentent de l’aider.

L’action
Depuis le 26 septembre, les adultes suicidaires de trois territoires de l’île, qui demandent de l’aide dans l’une ou l’autre des organisations participantes aux protocoles continuent d’être rapidement aidés là-même où ils se présentent, sinon ils sont référés au partenaire le plus habilité à répondre à leurs besoins. Le délai de référence est de quelques instants à un maximum de 48 heures pour un premier contact, puis une première rencontre suit à l’intérieur d’une semaine, alors que normalement les délais sont plutôt imprévisibles. Le délai de référence est réduit au minimum et c’est là un apport majeur du projet MARCO.

Le projet innove aussi quant au suivi offert. Des mécanismes de communication font en sorte qu’on ne perd plus le client entre deux chaises, ce qui peut faire la différence entre la vie et la mort. Les partenaires du projet travaillent ensemble et plus vite pour mieux intervenir face aux urgences suicidaires. Beaucoup d’efforts ont déjà été déployés pour en arriver à une meilleure coordination des services. Suicide-Action Montréal et ses partenaires comptent étendre le projet sur toute l’île de Montréal.

Le projet suscite déjà beaucoup d’intérêt chez les intervenants. D’ailleurs toutes les organisations approchées pour devenir partenaire dans ce projet ont accepté d’être partie prenante à cette initiative. L’attrait principal du projet pour les intervenants tient au fait qu’ils partagent le risque d’intervenir auprès d’un client susceptible de s’enlever la vie. En adhérant au projet ils font partie du réseau MARCO où l’information circule, dans la mesure où le client l’autorise évidemment. Ce réseau donne aux intervenants une vue de l’ensemble des services accessibles pour leur client.

Ultimement, MARCO permet d’offrir à la personne en détresse suicidaire une aide rapide, personnalisée et un suivi mieux coordonné avec le professionnel le plus approprié à sa situation.

Île de Montréal
Rappelons en terminant que les participants au projet pour chacun des secteurs sont :

Centre Dollard-Cormier
CLSC Ahuntsic
CLSC Bordeaux-Cartierville
CLSC St-Laurent
Urgence psychiatrique du Pavillon Albert-Prévost,
C.H. Sacré-Cœur de Montréal
Suicide-Action Montréal
Centre de crise Iris

Centre de crise Le Transit
Centre Dollard-Cormier
CLSC Petite-Patrie
CLSC du Plateau Mont-Royal
CLSC St-Louis-du-Parc
Suicide-Action Montréal
Urgence psychiatrique du C.H.U.M., Pavillon Notre-Dame

Centre de crise Tracom
Centre Dollard-Cormier
CLSC Côte-des-Neiges
Service d’urgence psychiatrique et de crise (SUPC) du C.H. St Mary’s
Suicide-Action Montréal

Source : S.A.M.

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48  9 août 2004 
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 (Rév. 06/06/04