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La revue le Vis-à-vie, vol. 14, nº 2, 2004

La prévention du suicide par les arts du cirque du monde chez les jeunes Atikamekws, Manawan

Par Mélanie Petiguay
Conseil de la Nation Atikamekw


Le cirque existe depuis maintenant cinq ans chez les jeunes de Manawan. Il a permis à plusieurs jeunes, soit environ soixante à quatre-vingt, d’être initiés à l’art du cirque. Pour certains, cela a peut-être été un moyen de s’occuper car bien des jeunes ne se joignent pas nécessairement aux loisirs déjà existants (déficients) dans la communauté. Proposer à la jeunesse le volet Cirque joue un rôle important en matière de prévention du suicide car il constitue un prétexte de se rapprocher d’eux et d’intervenir d’une manière informelle. Cela nous a permis d’intervenir sur différents cas sociaux comme la violence familiale, les troubles du comportement, la toxicomanie, le décrochage scolaire, le racisme, en plus d’avoir eu plusieurs cas de dévoilement d’abus sexuel et, évidemment, de situations suicidaires.

Notre présence auprès des jeunes dans ces moments difficiles a été grandement appréciée et c’est ce qui explique le succès de ce projet. Certaines activités demandaient, pour plusieurs, de gros défis à relever et, pour d’autres, le cirque était devenu une deuxième famille. Un vrai sentiment d’appartenance s’est ainsi développé chez ceux qui ont persévéré et qui sont restés dans le groupe.

D’autres expériences enrichissantes peuvent être vécues via les arts du cirque : les sorties à l’extérieur, soit pour se retrouver avec d’autres jeunes ailleurs au Québec, soit pour créer des échanges dans le but de leur faire savoir que nous rencontrons les mêmes défis et faisons face aux mêmes enjeux, même s’il existe des différences pour certains.

Retourner à nos sources, en partageant ces activités en milieu naturel peut permettre aux jeunes de se déconnecter un peu de la réalité de tous les jeunes et ainsi favoriser la réflexion individuelle. Reprendre contact avec ce qui nous entoure : la forêt, la Terre Mère, notre Grand-mère la Lune et enfin sentir qu’autour de soi, la VIE respire.

Le Cirque a donc été un relais utile pour ceux qui n’ont fait que passer, comme pour les autres qui ont trouvé ce qu’ils souhaitaient trouver ou retrouver : les plaisirs de goûter à la vie, à la joie de vie de clown, version Atikamekw.

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54  9 août 2004 
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 (Rév. 3/15/2005