i i
i
i
ACCUEIL  ACTIVITÉS  AIDE et RESSOURCES  DONS  DOCUMENTATION  NOUVELLES  MEMBRES  ENGLISH 
i
i
i
i Le suicide...
i
i
i
i
i
i
i Des outils pour la vie
i
i
i
i Les dossiers
i
i
i
i Les publications
i
i
i
i Les thématiques
i
i
i
i  
i
i
i
i Pour commander
i
i
i
i
i
Recherche
i

 
i
i Recherche avancée
i

i
i Revenir i Documentation i Le Vis-à-vie i Volume 14 i Réponses au sondage
i

La revue le Vis-à-vie, vol. 14, nº 2, 2004



Comment l'art peut-il contribuer à prévenir le suicide ?

Voici les réponses que nous avons reçues à ce petit sondage maison. Merci à toutes les personnes qui ont participé.


Voici ma réponse, à prendre pour ce qu'elle vaut, « ni plus ni moins »...

Si l’art peut constituer un moyen d’expression privilégié pour les peines et les tensions de la vie quotidienne, s’il peut permettre de faire quelque chose de constructif avec des éléments destructeurs qui surviennent dans nos vies, il peut aussi accentuer le sentiment de solitude, d’incompréhension et d’anxiété chez certains artistes. Il peut, en outre, déboucher sur un espace de réflexion qui soit propice à une certaine complaisance dans le malheur. N’a-t-on pas entendu parler de nombreux artistes, certains populaires et d’autres moins, qui se soient suicidés ? Certains chercheurs (en psychologie et en sciences sociales) n’ont-ils pas envisagé, à tort ou à raison, l’hypothèse que certains types musicaux soient liés à des épisodes ou sentiments suicidaires chez les jeunes ?

Je crois, pour ma part, que l’art ne peut à lui seul, malheureusement, être considéré comme un facteur de prévention du suicide. Si l’art peut « sauver » des vies, il marginalise aussi souvent, et ce n’est pas nécessairement ce dont a besoin une âme temporairement égarée. Ne serait-ce pas plutôt à travers la solidarité et le contact humain – qui parfois accompagnent la production artistique, mais pas nécessairement – que nous est donnée la possibilité de reprendre goût à la vie ?


Je préfère que ma réponse demeure confidentielle, si vous décidez d'en faire quelque chose. Sachez simplement que je suis moi-même musicien et sociologue, mais que je n'ai jamais étudié le thème de l'art et du suicide dans le cadre de mes recherches scientifiques.

Plusieurs raisons peuvent acculer une personne au suicide, entre autres la solitude. Une participation active à des ateliers d'art sous quelque forme que ce soit serait sans nul doute bénéfique. Elle pourrait en plus exprimer ses talents, se faire valoriser, trouver des intérêts, voir des personnes qui seraient dans la même situation qu’elle.
Phillipe Alexandre Paul


Je crois que comme mode d'expression, l'art pourrait contribuer à la prévention du suicide, mais comme le reste, l’art n'est pas une panacée. Le média, qu'il soit un médium artistique ou non, permet à un humain de s'exprimer, entre autres choses, lui permet d'exprimer sa citoyenneté (permettre d'exprimer sa responsabilité individuelle et sociale, lui permettre de prendre sa place dans le monde). Aucun média n'est en soi une fin, car s'il n'est pas entendu (soutenu par un groupe), il ne peut aboutir à l'échange entre humains. Il ne s'agit pas, selon moi, que l'art soit utilisé comme outil, mais comme un médium, un canal de transmission. Mais cela ne peut faire oeuvre si les « autres » l'ignorent.
Sylvie Savard


En réponse à ta question sondage, et étant donné que je crois que la
meilleure façon de prévenir le suicide, c'est en renforçant le lien à Soi,
aux autres, au monde et à la vie (c'est l'isolement qui tue), je dirais
simplement que...

...l'art nous renvoie à nous-même puisqu'il est expression de Soi, du
rapport aux autres, au monde et à la vie. Il reflète tantôt nos misères,
tantôt nos splendeurs, mais toujours il est l'expression du vivant. L'art
ou l'expression artistique est donc un moyen puissant, diversifié et
accessible de découvrir et de renforcer le lien à Soi, aux autres, au
monde et à la vie.
Natacha Joubert


Moi, j'aime bien penser que l'art peut contribuer à la prévention du
suicide. Je crois qu'on oublie l'importance de l'art dans ce qui contribue
à donner un sens à la vie des personnes, alors qu'on surestime les dommages
collatéraux et les effets supposément négatifs des productions et des œuvres qui questionnent la valeur de l'existence humaine... Je suis d'ailleurs
régulièrement étonné de la longévité et du dynamisme d'artistes dont les
habitudes de vie auraient dû normalement avoir des effets plus délétères.
Créer comporterait-il un effet protecteur ? Je crois que oui.

Je viens de terminer la lecture de Petits suicides entre amis de Arto
Paasilinna, un écrivain finlandais célèbre dans son pays et célébré dans
les milieux littéraires (Éditions Denoël). Ce roman ferait sûrement un
« road movie » extraordinaire. Le destin collectif d'une assemblée de
suicidaires réunis au moyen d'une petite annonce dans un journal et qui se
baladent en autocar à travers l'Europe afin de trouver le meilleur endroit
pour passer à l'acte est savoureux. Comme quoi l'espoir, le désir de
surmonter la souffrance et de vivre peuvent naître des situations en
apparence les plus désespérées. Une ode à la résilience qui émane de la
communauté, quand bien même celle-ci réunirait des personnes en apparence
résolument décidées à mettre fin à leurs souffrances.
François Godin


Selon Alain Gleize, art-thérapeute et directeur de l'IRFAT à Avignon, « La pratique artistique soulage d’un certain nombre de troubles mais ne les guérit pas. Car c’est bien là l’inconvénient de l’art : dès que l’artiste s’arrête de pratiquer, les symptômes reviennent et il doit se remettre au travail sans relâche. Les exemples sont nombreux d’artistes privés de leur pratique et sombrant dans la maladie ou la mort. »


« L’art selon moi permet à l’être de s’exprimer et toute expression d’un soi souffrant ne peut qu’aider à nommer, à cerner, à trouver des pistes de solution des ressources intérieures… Moi, je crois à l’expression par l’art. »
Lyse Lussier
Directrice des programmes
Leucan

i

i
54  9 août 2004 
i
 (Rév. 3/15/2005