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La revue le Vis-à-vie, vol. 14, nº 2,2004

ÉDITORIAL

Page couverture

Par Diane Rodrigue

Chercheure, McGill Group for Suicide Studies



Le générateur artistique commence… maintenant !

Ma participation à cette revue représente un travail amorcé il y a quatre ans concernant l’art et le suicide. Après avoir cherché pendant deux ans dans la littérature comment faire émerger cette question de l’art comme outil contribuant à la prévention du suicide, j’ai été amenée à faire trois expositions sur le sujet. Ma contribution à ce numéro et le partage de mon expertise sont pour moi un aboutissement heureux.

Lorsqu’on entend parler d’art comme outil de travail en intervention, on pense rapidement à l’art-thérapie. Pourtant, l’art est quelque chose de simple qui peut être accessible à tous. Bien que nous tenterons de définir ce qu’est l’art-thérapie, ce numéro Art et suicide tentera de démontrer comment l’art peut être mis à profit dans l’intervention auprès de personnes suicidaires ou des milieux à risque.

De plus, ce numéro souhaite guider les lecteurs dans des milieux institutionnels, communautaires et artistiques et abordera la question de la quête de sens de l’artiste par le biais de son œuvre. La revue présentera également des projets dans lesquels l’art, quelle que soit sa forme : danse, musique, peinture, coiffure, poésie, cirque, etc. peut être mis à contribution en prévention du suicide.

À première vue, ce numéro s’éloigne des sciences du comportement et du topo habituel et se dirige vers les intuitions, là où l’art réside. Mais comme la prévention du suicide demande un travail concerté de tous les milieux, l’art et les artistes peuvent, à leur façon, contribuer à l’avancement des connaissances et à prévenir le suicide.

Dans toutes mes démarches j’ai constaté – et mes recherches l’ont confirmé – que l’art est perçu comme quelque chose de marginal ou qui est facilement marginalisée (p. ex. : l’artiste et la maladie mentale) et que son caractère « non scientifique » ajoute au doute des effets bénéfiques qu’il peut apporter. Par contre, je crois qu’on doit être prudent concernant l’état actuel des recherches : celles qui ont porté sur l’art et le suicide ont davantage abordé les vulnérabilités ou les signes précurseurs du suicide au détriment parfois d’étudier les bienfaits de l’art et comment celui-ci a pu contribuer comme facteur de protection.

Finalement, afin de vérifier la perception que différents milieux avaient de la place de l’art en prévention du suicide, nous avons réalisé un petit sondage maison et avons posé la question suivante : selon vous, comment l’art peut-il contribuer à la prévention du suicide ? Le dernier texte portera sur la question.

De plus, j’espère que ce numéro permettra de démysthifier, autant dans le milieu artistique qu’académique, l’art, l’artiste suicidaire, les images et ce qu’elles peuvent communiquer.

Bonne lecture !

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54  9 août 2004 
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 (Rév. 3/15/2005