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i Revenir i Documentation i Le Vis-à-vie i Volume 14 i Nº 1 article 9  
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La revue le Vis-à-vie, vol. 14 nº 1, 2004

L'implication des syndicats dans la prévention du suicide

Par Alain Paquette, Daniel Champagne et Michel Lefebvre


La Centrale des syndicats du Québec (CSQ)

Par Alain Paquette

La problématique du suicide revêt une importance particulière pour une Centrale dont la majorité des membres oeuvrent en éducation. La CSQ développe ce sujet en regard de la prévention de la violence, du décrochage scolaire et dans la lutte contre l’homophobie. De plus, le suicide a des incidences en santé sécurité du travail. Le fait d’être en contact avec des élèves qui ont fait des tentatives de suicide ou d’avoir été confronté à un suicide constitue une atteinte à la santé mentale du personnel. On ne doit pas banaliser cet impact et des mesures doivent être prises pour venir en aide aux milieux qui ont vécu cette tragédie.

Des expériences concrètes pour prévenir le suicide en milieu scolaire

En termes de prévention en santé mentale au travail, la CSQ favorise entre autres le développement des réseaux d’entraide entre pairs. Le guide de formation des aidants naturels consacre un chapitre à la prévention du suicide. On s’attaque aux nombreux mythes qui entourent cette question et on fournit des informations permettant d’évaluer la crise suicidaire. De plus, le guide de formation contient des références utiles pour les personnes qui seraient aux prises avec ce problème.

Le syndicat de l’enseignement de Champlain (SEC), le plus gros syndicat regroupant des enseignants et des employés de soutien de la CSQ est parmi ceux qui sont très actifs dans la prévention du suicide. En effet, le conseil d’administration du SEC investit 3000$ chaque année afin de soutenir des activités préventives en milieu scolaire. Ses responsables travaillent en étroite collaboration avec la Direction de la santé publique en Montérégie et le CPS Haute-Yamaska de façon à prévenir le suicide dès le primaire. Un comité est en train de mettre en place des activités visant le renforcement des facteurs de protection comme l’estime de soi. Des membres du SEC seront bientôt mis à contribution pour expérimenter ces nouveaux outils.

De concert avec la Régie régionale des services sociaux et de la santé de la Montérégie (RRSSSM) le SEC a participé à l’organisation de colloques sur la prévention du suicide. De plus, le journal le Champlain informe régulièrement ses membres des ressources présentes dans le milieu.

L’expérience du SEC n’est qu’un exemple, parmi tant d’autres. En effet, plusieurs autres syndicats de la CSQ sont très actifs dans la prévention du suicide La centrale est également consciente que le suicide a un très grand impact sur le milieu. Le 11 février dernier, en constatant l’ampleur du problème, M. Pierre Séguin vice-président de la CSQ déclarait qu’il fallait que des actions préventives soient déployées partout au Québec. Il enchaînait en disant : « Il faut avoir à cœur d’entendre les messages qui peuvent venir de collègues, des élèves, des utilisateurs des soins de santé ou même de nos proches afin d’être en mesure de les aider et si possible empêcher qu’ils posent le geste irréparable ».


L’entraide à la FTQ

Par Daniel Champagne

Les délégués et les déléguées sociaux représentent une force constituée en réseau de plus de 2300 membres de la FTQ formés à la relation d’aide. Ce réseau, en partie financé par les Centraides ou la Croix-Rouge, existe déjà depuis vingt ans. La formation fut élaborée en collaboration avec l’École de Service Social de l’Université de Montréal. Les délégués et les déléguées sociaux aident leurs confrères et consoeurs de travail qui vivent des difficultés personnelles au travail ou à la maison. Les demandes les plus courantes auxquelles nous répondons touchent l’alcoolisme, la toxicomanie et à la santé mentale (dépression, burn out, idées suicidaires, etc.) mais, avec plus d’un demi million de membres à la FTQ, vous pouvez sans doute vous imaginer que ça ne se limite pas à ça. Nous sommes venus en aide à des membres qui sont mal dans leur peau à cause de leur enfance difficile, de leur orientation sexuelle, de leur handicap, etc.

Le rôle des délégués et des déléguées sociaux consiste à effectuer de la prévention, de l’écoute, de la référence, du soutien et de l’accompagnement. Les principales forces de nos délégués et déléguées sociaux résident dans leur connaissance du milieu, dans la rapidité de leur intervention et dans leur approche personnalisée, humaine et chaleureuse. Il est réconfortant pour nos membres de savoir qu’ils peuvent toujours compter sur des collègues de travail quand leur vie ne semble plus avoir de sens.


L’entraide à la CSN

Par Michel Lefebvre

L’entraide à la CSN est un geste souple et simple de soutien. Elle est fondée sur l’engagement volontaire des uns et des uns envers les autres. On reconnaît des formes d’entraide dans les familles, dans les rapports qu’on entretient avec les amis, les voisins ou dans le milieu de travail. L’entraide est la base de la solidarité humaine.

Les personnes avec des idées suicidaires, les suicides, la toxicomanie et l’alcoolisme, le jeu pathologique et la détresse psychologique, par exemple, sont le lot de plusieurs salarié-es et interpellent le mouvement syndical. Jusqu’à récemment, il appartenait aux membres des comités exécutifs, en plus de prendre en charge le volet des conditions de travail, de s’occuper des réalités humaines vécues lors de la fermeture d’un établissement, d’une usine ou d’un hôtel, à la suite d’un congédiement ou durant un conflit de travail. La création de réseaux d’entraidantes et d’entraidants a permis d’ajouter une pièce importante à notre travail syndical. À la manière CSN, c’est agir sur un autre front. Aux fronts des conditions de travail et des conditions de vie, s’ajoute maintenant le front de l’entraide, celui des conditions humaines.

L’essentiel, en matière de santé mentale au travail, c’est de passer à l’action dans chacun des milieux de travail par la mise en place de réseaux d’entraide.

L’Abitibi est la première région où la CSN a passé à l’action. En 1995, le premier réseau d’entraide en milieu de travail de la CSN est crée. Mis sur pied en 2001, les réseaux de Montréal et de la Montérégie comptent actuellement 300 entraidants et entraidantes. Un projet vient aussi de voir le jour à Sherbrooke. Les autres régions de la CSN sont présentement dans le processus d’organisation des réseaux.

La vision CSN d’un réseau d’entraide : c’est un collectif regroupant des personnes préoccupées par la qualité de vie au travail et le développement de l’entraide et de la solidarité dans leur milieu de travail.

C’est sur une base militante que des travailleuses et des travailleurs acceptent de faire partie des réseaux d’entraide, l’entraidante ou l’entraidant :

Est attentif aux autres et leur fait confiance ;

Est à l’écoute de ses collègues ;

Partage la vision de l’entraide et fait partie du réseau d’entraide ;

Se préoccupe de la qualité de vie dans son milieu de travail ;

Tisse des liens de solidarité ;

Identifie ses forces et ses faiblesses pour mieux avancer ;

Connaît les ressources institutionnelles et communautaires et y réfère des personnes au besoin.

En créant une dynamique d’entraide dans les milieux de travail, une présence au quotidien, nous pensons agir en prévention du suicide auprès des travailleurs et des travailleuses.

En même temps, la CSN poursuit son travail d’intervention sur les problèmes de santé mentale et en a fait une priorité. Les travaux entrepris par la centrale, comme l’élaboration d’une politique contre le harcèlement au travail et les travaux en santé et sécurité pour prévenir les problèmes de santé mentale, se font en complémentarité avec le projet d’entraide.

Les travailleuses et les travailleurs doivent commencer par se donner des conditions gagnantes pour maintenir une bonne santé mentale au travail. Parmi celles-ci, on retrouve entre autres, le bien-être, la qualité de vie au travail, les relations harmonieuses, la reconnaissance et la réalisation de soi. Mais la santé mentale s’entretient aussi par de petits gestes. Lorsqu’on met sur pied un réseau d’entraide, tout le monde est gagnant! Souvent, ce sont des choses très simples qui entretiennent la qualité de vie au travail. Dire merci à quelqu’un ou lui offrir un coup de main. Les petits gestes qui, à première vue, ont l’air quétaine ne doivent pas être sous-estimés.


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54  9 août 2004 
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 (Rév. 10/9/2005