Comme vous le savez, chaque année, c’est par milliers que nous comptons le nombre de citoyens québécois touchés par le suicide d’un proche. Il s’agit d’un grave problème de santé publique et, bien que le suicide soit un geste posé par un individu, nous croyons fermement qu’il s’inscrit dans un contexte plus large d’interactions entre la personne, sa communauté, son milieu de travail et la société en général.

Ensemble, outillés, mobilisés et solidaires, nous avons la possibilité d’améliorer nos pratiques afin de relever les défis du domaine de la prévention du suicide. Le Grand forum de la prévention du suicide se veut un rassemblement formateur et novateur traitant de la problématique du suicide au Québec. Offrant le choix de multiples journées thématiques, cette édition permettra aux participants d’approfondir leurs connaissances à propos des secteurs ciblés afin de parvenir à une meilleure compréhension et à l’amélioration des pratiques en lien avec ceux-ci.

Plus de 45 conférences, ateliers, panels et activités de sensibilisation du grand public y seront présentés durant la dernière semaine de septembre 2012 afin de traiter de la problématique du suicide en lien avec, par exemple, l’homophobie, les endeuillés, les 17-23 ans, le milieu de travail, les Premières Nations et populations Inuits, etc. Le Grand forum de la prévention du suicide représente une concertation et une mobilisation sans précédent des citoyens et professionnels engagés. Il s’agit sans aucun doute d’un tremplin déterminant pour renforcer nos efforts dans la lutte que représente la prévention du suicide.

Programmation

CROIRE S’ENGAGER CHANGER

Désirant répondre précisément à vos préoccupations et intérêts en lien avec la prévention du suicide dans nos collectivités, l’Association québécoise de prévention du suicide a opté pour une formule thématique qui saura offrir diversité et spécificité à chacun. Afin de parvenir à la compréhension et à l’amélioration des pratiques liées à la prévention du suicide, plus de 45 conférences, ateliers et activités de sensibilisation sont à votre portée.

Même s’il reste encore quelques conférences et ateliers à confirmer, la programmation qui suit donne un excellent avant-goût de ce qui est proposé pour chacune des thématiques dans le cadre du Grand forum de la prévention du suicide. La programmation finale suivra sous peu.

Le mardi 25 septembre 2012

S’engager dans sa communauté autochtone (9h-16h30)

Mot d’ouverture de la journée

Par Ghislain Picard, chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador

Comprendre et accompagner nos jeunes dans l’épreuve de la mort d’un proche, un atout pour une génération sans suicide

Par Josée Masson, travailleuse sociale, fondatrice et directrice générale de Deuil-Jeunesse et auteure du livre Mort, mais pas dans mon cœur, sorti en 2010.

Au Québec, on compte près de 60 000 décès par année... Nous sommes donc régulièrement entourés de gens qui vivent la difficile mort d’un être cher. Les statistiques sont inexistantes à cet effet, mais si on émet l’hypothèse que chaque décès touche au moins un jeune, on se retrouve avec de nombreux jeunes endeuillés qui s’additionnent année après année. Mais savons-nous comment les accompagner? Sommes-nous conscients des tabous et des mythes entourant la mort au Québec sur ces jeunes? Savons-vous ce qu’est être en plein développement et vivre la mort d’un père, d’une mère, d’un frère, d’une amie ou de tout autre être aimé? Dans notre réflexe de vouloir les protéger, nous les éloignons de la réalité. Ce comportement, fait souvent en toute bonne volonté autant chez les proches que chez les intervenants, ne sera cependant pas sans conséquences chez nos jeunes de tous âges et de toutes les cultures : délinquance, criminalité, décrochage, troubles de santé mentale et  malheureusement, le suicide… Si ce que nous désirons pour nos enfants et nos adolescents est une génération sans suicide, nous devons aller à contre courant de la tendance actuelle pour les aider à développer leur résilience dans l’épreuve; nous en sommes tous responsables!

Cette conférence est présentée par la Corporation des thanatologues du Québec.

Corporation des thanatologues du Québec

Table ronde sur l’état de la situation de la prévention du suicide au sein des communautés autochtones

Invités : Michel Tousignant, chercheur et professeur à l’Université du Québec à Montréal et membre du CRISE, Stéphane Savard, conseiller en prévention du suicide pour la Commission de la santé et des services sociaux des Premières-Nations du Québec et du Labrador et Amélie Laine, coordonnatrice des services au Centre d’amitié autochtone

Le premier volet présente quelques pistes de prévention qui sont le produit d’un projet de recherche s’étendant sur six ans en milieu atikamekw et anishnabe. L’une de ces pistes propose un programme en milieu scolaire centré sur les enfants et la famille, appuyé  sur l’art-thérapie et la philosophie pour enfants. Ce programme, qui développe l’empathie et la prise de parole dans la recherche de solutions, a permis la mobilisation d’un groupe de femmes et de bénévoles qui se sont alors appropriés le projet. Un autre programme a permis de mobiliser une communauté autochtone afin de planifier une stratégie de prévention du suicide en trois étapes : sensibilisation au suicide, plan d’action pour créer l’espoir et implantation de mesures concrètes. Le deuxième volet montre comment les parents de familles anishnabek ont brisé le cycle de la transmission intergénérationnelle des traumas pour développer une résilience familiale et un milieu sain pour leurs enfants.

Bons coups dans les communautés
Santé mentale des jeunes Inuits du Nunavik

Par Georgia Vrakas, professeure au Département de psychoéducation de l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR)

Plus de la moitié de la population du Nunavik est âgée de moins de 25 ans et les troubles de santé mentale et le suicide sont particulièrement présents chez ce groupe d’âge. Cependant, les programmes de promotion et de prévention en santé mentale qui leur sont offerts ne sont pas toujours adaptés aux réalités des Inuits et ne semblent pas répondre à leurs besoins. Ce projet de recherche participatif propose de combler l’écart entre les besoins en santé mentale des jeunes Nunavimmiuts et les programmes existants. La présentation portera sur le premier objectif de ce projet qui est de comprendre le concept de santé mentale, tel que défini par les jeunes Nunavimmiuts de 15 à 25 ans et d’évaluer leurs besoins en santé mentale. Photovoice, une méthode participative visuelle de recherche et un outil de promotion de la santé mentale, a été utilisée pour permettre aux jeunes de s’exprimer sur la santé mentale à l’aide de la prise de photos. Les résultats préliminaires des premières collectes de données réalisées, incluant des photos prises par des jeunes, seront présentés.

Course à la vie d’Odanak

Par Évelyne Boisvert, organisatrice de l’événement et infirmière
Le suicide d’un proche est bouleversant, déroutant. Un profond sentiment de culpabilité nous assaille, puis l’incompréhension nous envahit. Pour faire face à ce départ brutal, Évelyne Boisvert et son mari ont décidé de se mettre en action et de poser un geste concret. Projet porteur d’espoir, le Défi Course à la Vie est né. Mettant l’accent sur la pratique de l’activité physique et incitant annuellement toute la population environnante à courir, à marcher, à se dépasser, à vivre pleinement chaque kilomètre parcouru, le Défi Course à la Vie remet également ses profits au Centre Prévention Suicide les Deux Rives.

L’augmentation du pouvoir d’agir et des capacités locales pour prévenir le suicide en milieu aborigène australien

Par Arlene Laliberté, PhD, professeure à l’Université du Québec en Outaouais
Les événements de vie stressants, l’abus de substance et les pertes multiples sont tous des facteurs de risque connus du suicide. Parmi plusieurs communautés autochtones provenant notamment du Canada, des États-Unis et de l’Australie, ces facteurs représentent des obstacles à la vie de tous les jours. Pour les personnes vivant ces difficultés, les interventions qui visent à les aider peuvent devenir un fardeau supplémentaire, surtout si elles sont imposées et mal adaptées à la culture et à la réalité locale.

L’objectif de cette présentation est de décrire un processus d’intervention pour la prévention du suicide en milieu aborigène australien basé sur l’augmentation du pouvoir d’agir (« empowerment ») des individus et des communautés. Au cœur de l’intervention se trouve un programme « d’empowerment » développé par et pour les Aborigènes, le partage de connaissances par des groupes d’hommes locaux et un partenariat de recherche-action entre des acteurs universitaires et communautaires. Cette présentation offre un aperçu de la méthodologie et des résultats de cette initiative en amont, basée sur les forces des communautés participantes.

Table ronde sur les défis de l’avenir

Invités : Arlene Laliberté, PhD, professeure à l’Université du Québec en Outaouais, Pierre Picard, consultant en interventions psychosociales pour GRIPMA, une entreprise autochtone spécialisée en recherche et en interventions psychosociales au sein des Premières Nations et Alyson Deniss, intervenante au Centre prévention suicide du Haut-St-Maurice.

S’engager avec les endeuillés (9h-16h30)

Comprendre et accompagner nos jeunes dans l’épreuve de la mort d’un proche, un atout pour une génération sans suicide

Par Josée Masson, travailleuse sociale, fondatrice et directrice générale de Deuil-Jeunesse et auteure du livre Mort, mais pas dans mon cœur, sorti en 2010.

Au Québec, on compte près de 60 000 décès par année... Nous sommes donc régulièrement entourés de ces gens qui vivent la difficile mort d’un être cher. Les statistiques sont inexistantes à cet effet, mais si on émet l’hypothèse que chaque décès touche au moins un jeune, on se retrouve avec de nombreux jeunes endeuillés qui s’additionnent année après année. Mais savons-nous comment les accompagner? Sommes-nous conscients des tabous et des mythes entourant la mort au Québec sur ces jeunes? Savons-vous ce qu’est être en plein développement et vivre la mort d’un père, d’une mère, d’un frère, d’une amie ou de tout autre être aimé? Dans notre réflexe de vouloir les protéger, nous les éloignons de la réalité. Ce comportement, fait souvent en toute bonne volonté autant chez les proches que chez les intervenants, ne sera cependant pas sans conséquences chez nos jeunes de tous âges et de toutes les cultures : délinquance, criminalité, décrochage, troubles de santé mentale et  malheureusement, le suicide… Si ce que nous désirons pour nos enfants et nos adolescents est une génération sans suicide, nous devons aller à contre courant de la tendance actuelle pour les aider à développer leur résilience dans l’épreuve; nous en sommes tous responsables!

Cette conférence est présentée par la Corporation des thanatologues du Québec

Corporation des thanatologues du Québec

Fusillade au Collège Dawson : évaluation des impacts de l’évènement et recommandations pour un plan d’intervention multimodal

Par Monique Séguin, professeure au département de psychologie et psychoéducation de l’Université du Québec en Outaouais. Elle est spécialiste de la prévention du suicide et du deuil.

À la suite de la fusillade survenue au Collège Dawson le 13 septembre 2006, un groupe de chercheurs a étudié les conséquences psychologiques de ce tragique évènement. Une enquête standardisée a été effectuée auprès d’environ 1 000 étudiants et membres du personnel inscrits ou œuvrant au collège lors de cette tragédie. Ils ont constaté que 18 % des répondants ont développé un trouble de santé mentale alors qu’ils n’en avaient pas connu avant la fusillade. Il s’agit en fait de l’émergence de troubles tels que l’état de stress post-traumatique, mais également, en importance, de la dépression majeure, de la dépendance à l’alcool et de la phobie sociale. De plus, 18 mois après la fusillade, 7 % des répondants présentaient toujours des symptômes de stress post-traumatique importants.

Il convient d’adapter les interventions en fonction de l’évolution des besoins dans le temps. Bien qu’au moment de l’évènement, les opérations soient davantage coordonnées par les forces policières et les services d’urgence médicale, on souligne l’importance de développer un plan d’urgence psychologique. Plusieurs programmes d’intervention post-incident traumatique proposent des interventions à court et moyen terme, alors que les résultats de cette évaluation suggèrent que les services devraient être 1) modulés en fonction de la présence de plusieurs types de difficultés psychosociales et 2) étendus sur une période suffisamment longue pour identifier l’émergence des difficultés dans le temps. L’utilisation des stratégies  de dépistage diversifiées devrait permettre d’identifier toutes les personnes à risque malgré la variété des problèmes qui pourront émerger dans la communauté.

Cette étude a été réalisée par Monique Séguin, Nadia Chawky, Stéphane Guay, Richard Boyer, Alain Lesage, Pierre Bleau, Denise Roy et Paule Miquelon.

Évaluation du guide Intervenir dès la phase de choc et exemples d’application sur le terrain

Par Denise Deshaye, travailleuse sociale au CLSC de la région de Thetford et Véronique Bourgault, travailleuse sociale au CLSC de Sainte-Marie de Beauce

Réflexion sur la postvention, un pas vers les meilleures pratiques...

Par Françoise Roy, M. Éd., consultante en prévention suicide et développement des compétences, Monique Séguin, Ph.D., professeure au département de psychologie et psychoéducation de l’Université du Québec en Outaouais, Danyelle Latreille, coordonnatrice clinique de la Ressource régionale suicide du CSSS de Laval  et Suzanne Gérin-Lajoie, Direction de santé publique Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine.

Le  « Programme de postvention en milieu scolaire, stratégies d’intervention à la suite d’un suicide »  publié en 2004, proposait un cadre théorique et un modèle d’intervention auprès des milieux touchés par le suicide. Ce document, ciblant les jeunes des milieux scolaires secondaires, a également servi de balises pour d’autres milieux dont : les milieux de travail, les communautés, les milieux de loisir, les familles, etc. Riche de près de huit ans d’application, il semble opportun de se pencher sur les dimensions positives et les lacunes de ce programme de postvention en vue de proposer une révision en profondeur. 

Cet atelier vise à présenter un rappel des orientations du programme et une réflexion de quelques acteurs qui ont développé, au cours de ces dernières années, une expérience de postvention. Cette réflexion, tout comme d’autres travaux en cours, permettra l’amélioration du programme de 2004 afin qu’il soit en lien avec les pratiques actuelles et les données probantes en postvention.

Atelier Max Power

Par David Paradis
Présentation du film Max Power de David Paradis et court témoignage concernant sa démarche artistique, qui l’a aidé à traverser le deuil de son cousin.

Cet atelier est présenté par la Fondation André Dédé Fortin

Table ronde sur les défis d’avenir de la postvention et discussion sur la place des endeuillés dans le mouvement de la prévention du suicide

Le mercredi 26 septembre 2012

Animation : Françoise Guénette, journaliste indépendante

S’engager contre l’homophobie

Mot de bienvenue

Par Bruno Marchand, directeur général de l’Association québécoise de prévention du suicide

Table ronde de mise au point sur les défis actuels de la lutte contre l’homophobie en parallèle avec la prévention du suicide

Invités : Line Chamberland, chercheuse et professeure au département de sexologie de l’Université du Québec à Montréal et titulaire de la Chaire de recherche sur l’homophobie, Jacques Pétrin, comité pour la diversité sexuelle à la CSQ et personne responsable de la Table nationale de lutte contre l’homophobie du réseau scolaire et du réseau collégial, Pierre Berthelot, travailleur social pour la Direction régionale de santé publique de la Capitale-Nationale et formateur ainsi que Danielle Haché, agente de planification et de recherche pour la Direction de santé publique de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine.

Quoi de neuf sur les tentatives de suicide chez les jeunes de la diversité sexuelle?

Par Michel Dorais, professeur titulaire et chercheur à l’École de service social de l’Université Laval. Michel Dorais a notamment publié (en collaboration) sur le thème qu’il abordera : Mort ou fif – La face cachée du suicide chez les garçons (VLB, 2001), Sains et saufs – Petit manuel de lutte contre l’homophobie à l’usage des jeunes (VLB, 2005), et Être homo aujourd’hui en France – L’enquête Le Refuge auprès de 500 jeunes gays et lesbiennes (H&O, 2012).

On sait depuis au moins une vingtaine d’années que les tentatives de suicide chez les jeunes gays,  lesbiennes, bisexuel-le-s, en questionnement ou non conformistes sur le plan du genre sont sensiblement plus élevés sur le plan statistique que chez leurs pairs. Comment ont évolué les statistiques et les données disponibles depuis les années 1990 ? Que disent les nouvelles recherches ? Quelles leçons ou apprentissages peut-on en tirer ? Quelles questions restent sans réponses ? Quels nouveaux défis se posent aux chercheurs et aux intervenants pour mieux comprendre et, surtout, mieux prévenir ou contrer le phénomène ?

La santé psychologique des hommes gais en lien avec des expériences de violence et de discrimination liées à leur orientation sexuelle

Par Joane Otis, professeure titulaire au département de sexologie de l’Université du Québec à Montréal

La transsexualité

Par Luka Lessard, diplômé en technique d’intervention en délinquance et bénévole pour GRIS-Québec et pour l’Aide aux transsexuels(elles) du Québec en tant que référence téléphonique
Qu'est-ce que la transsexualité? Quel est le parcours d'un homme et d'une femme trans? Quels sont les enjeux politiques, les craintes vécues par les transsexuels, leur réalité. Quelques pistes d'intervention pour une société plus ouverte et sans jugement.

L’enjeu de la référence

Par Bruno Laprade, coordonnateur à Projet 10 et représentant allosexuel au Forum jeunesse de l’Île de Montréal
Le contact avec des pairs a un impact significatif sur l’estime de soi des jeunes LGBT. Si les organismes pour jeunes LGBT à Montréal  ont une approche globale de la santé des jeunes qui va bien au-delà du coming-out, leur isolement du système de santé et leur manque de ressources limitent la capacité d’accueil des jeunes vivant un entrecroisement d’oppressions.  Inversement, les jeunes LGBT font toujours face à des problèmes d’accessibilité au système de santé qui rend difficile leur prise en charge.  À quoi s’attendre dans ses conditions quand on réfère un jeune et comment le faire dans les paramètres du système actuel?  Que peut-on faire pour améliorer cette situation?  Comme piste de solution, nous proposons d’analyser la place de la prise de parole des jeunes LGBT dans l’optique de connaître leur réalité et les barrières à l’affirmation de celle-ci. 

RADOS (Respect et Acceptation de la Différence liée aux Orientations sexuelles)

Par Renée-Claude Laroche, directrice générale du Centre de prévention du suicide de Charlevoix

Cet atelier aura pour objectif de présenter les actions réalisées par le comité RADOS. Ce dernier vise à informer la population sur les conséquences vécues par les victimes de comportements homophobes, à prendre conscience de leurs propres croyances ou préjugés par rapport aux orientations sexuelles différentes et à sensibiliser les gens à l’importance de la tolérance zéro concernant de tels agissements. Né en 2004, le comité RADOS représente un bon exemple de collaboration et de concertation régionale qui vise la dénonciation de l’homophobie et de ses impacts et, par le fait même, la prévention du suicide.

Jeudi 27 septembre 2012

Animation : Françoise Guénette, journaliste indépendante

S’engager auprès des 17-23 ans

Table ronde sur les enjeux reliés à la perte d’un client par suicide

Invités : Louise Careau, psychologue à l’Université Laval depuis 22 ans et coordonnatrice du comité de prévention du suicide, Michaël Bouchard, finissant au doctorat clinique en psychologie à l’Université de Sherbrooke, qui consacre sa thèse de doctorat aux impacts vécus par les thérapeutes à la suite de la perte d’un client par suicide, Dr Normand Martin, psychologue clinicien et responsable du Programme d’aide aux policiers et policières du Service de police de la Ville de Montréal et Gaëtan Roussy, psychologue et responsable du comité sur le suicide de l’Association des psychologues du Québec.

Jouer avec le temps ou jouer avec la mort ?

Par Jocelyn Lachance, chercheur postdoctoral en socio-anthropologie INRS – Observatoire Jeunes et Société et auteur du livre L'adolescence hypermoderne, le nouveau rapport au temps des jeunes paru en 2011.

Le devenir adulte est un invariant des sociétés humaines. Pendant longtemps, cette traversée du statut de l'enfant à l'âge adulte était assurée par des rites de passage. À la fois contraignants, et bien souvent violents, ces rites avaient tout de même l'avantage anthropologique de déterminer clairement les modalités du passage à l'âge adulte. De nos jours, la question de l'inefficacité, voire de la disparition de ces rites, est fondamentale pour comprendre l'incertitude et parfois la souffrance qui caractérise cette période liminaire de la jeunesse. C'est dans ce contexte que des jeunes s'inventent de nouvelles modalités pour traverser, tant bien que mal, ce passage hasardeux...

Au cours de cette conférence, nous analyserons et interrogerons les modalités contemporaines du passage à l'âge adulte. Parmi celles-ci, nous explorerons les jeux avec le temps et les jeux avec la mort, en insistant sur les significations qu'elles prennent aujourd'hui pour les jeunes dans le contexte hypermoderne. En apparence éloignés les uns des autres, nous verrons que ces « jeux » renvoient pourtant à une quête semblable de reconnaissance, et que la frontière les séparant devient parfois ténue.

Le suicide des jeunes : une pathologie du devenir adulte contemporain : perspective anthropologique

Par Daniel Dagenais, professeur au département de sociologie et d'anthropologie de l'Université Concordia. Il est membre du Groupe interuniversitaire d'étude de la postmodernité et du comité de rédaction de la revue Société.

Dans cet atelier, il sera question d’une enquête menée sur une trentaine de cas de suicide de jeunes. Les analyses, tirées des entrevues réalisées avec les proches, révèlent un contraste marqué entre deux logiques passionnelles repérables dans la vie de ces jeunes : la peur (adolescente) et le refus (jeune) du devenir adulte, passions qui ont crû dans des contextes familiaux eux aussi nettement contrastés. Appréhendant le suicide des jeunes comme pathologie sociale, l’auteur y voit le symptôme d’un problème qu’est le devenir adulte contemporain.

Souffrir en 2012, avons-nous le temps, le droit et l'espace ?

Par Marc-André Dufour, psychologue pour la défense nationale au programme de soutien pour traumas et stress opérationnel. Ses conférences portent sur la prévention du suicide en amont de la crise et visent à augmenter l'acceptabilité sociale de la souffrance, de la vulnérabilité et de la demande d'aide. Il s'implique activement en prévention du suicide depuis bientôt vingt ans. Il a été intervenant de crise, clinicien, psychologue en bureau privé et coordonnateur du Centre de prévention du suicide de Québec.

À une époque où la souffrance ne permet plus à tout le monde de « gagner son ciel » et où il semble parfois plus facile d'être en contact avec la planète entière qu'avec soi-même, Marc-André Dufour réfléchira avec nous sur la relation de notre société avec la souffrance et sur des orientations possibles pour prévenir le suicide en amont de la crise en cette nouvelle décennie du 21e siècle. Comment pourrions-nous contribuer à faire du Québec d'aujourd'hui un terreau moins fertile à l'enracinement de l'idée du suicide, un geste destructeur irréversible en réponse à des états émotionnels certes douloureux, mais souvent temporaires et inhérents à la condition humaine depuis la nuit des temps?

Projet-pilote en intervention avec l'utilisation de technologies de la communication à Suicide Action Montréal

Par Marie-Josée Girard, candidate au Ph.D en psychologie à l’Université du Québec à Montréal et agente de recherche chez Suicide Action Montréal et André Landry, directeur général de Suicide Action Montréal.

Le milieu de la prévention du suicide au Québec a tout intérêt à utiliser les technologies afin de rendre les meilleurs services et de prévenir le suicide. À ce jour, l’utilisation des technologies en prévention du suicide a été très peu explorée et représente donc un défi d’implantation  pour les centres de prévention du suicide. Connaissons-nous suffisamment les enjeux associés à l’intervention technologique? Quels sont les meilleures approches dans le domaine? La conférence a pour but de présenter le projet-pilote en cours à Suicide Action Montréal : le développement d’une intervention avec l’utilisation de technologies de la communication. Ce projet s’inscrit dans une démarche de recherche-action rigoureuse, impliquant ainsi plusieurs acteurs du milieu dans la réflexion.

Saluons les bons coups pour outiller les jeunes adultes : rendez-vous avec notre table ronde multidisciplinaire
(Plateau avec invités empruntant le style de « Tout le monde en parle»)

Invités : Sara Paris, travailleuse sociale au Cégep André-Laurendeau, Florence Deplanche, coordonnatrice du projet Transition Cégep au Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CRCHUM), Sarah Bastien, technicienne en éducation spécialisée au Cégep de Valleyfield, Mario Beaulieu, travailleur de milieu au Cégep de Sainte-Foy et Dominique Alarie, directrice-adjointe au Service des affaires étudiantes et à la communauté au Cégep Montmorency.

Pour cette émission spéciale, divers invités nous présenterons des exemples d’actions menées dans les cégeps afin de prévenir la détresse et de promouvoir l’équilibre, la santé et le mieux-être chez les étudiants. L’animateur établira des liens entre ces actions et les défis contemporains identifiés plus tôt dans la journée. Une occasion de réfléchir tous ensemble dans un contexte multidisciplinaire. Qu’ils s’agissent d’approches intuitives ou d’actions structurantes, vous êtes également conviés à partager vos idées et vos bons coups!

S’engager dans son milieu de travail

Table ronde sur les enjeux reliés à la perte d’un client par suicide

Invités : Louise Careau, psychologue à l’Université Laval depuis 22 ans et coordonnatrice du comité de prévention du suicide, Michaël Bouchard, finissant au doctorat clinique en psychologie à l’Université de Sherbrooke qui consacre sa thèse de doctorat aux impacts vécus par les thérapeutes à la suite de la perte d’un client par suicide, Dr Normand Martin, psychologue clinicien et responsable du Programme d’aide aux policiers et policières du Service de police de la Ville de Montréal et Gaëtan Roussy, psychologue et responsable du comité sur le suicide de l’Association des psychologues du Québec.

Les impacts du suicide d’un travailleur sur les collègues et le milieu de travail : observations préliminaires

Par Louise Pouliot, Ph.D, professeure associée au département de psychologie de l’Université du Québec à Montréal et coordonnatrice de recherche au Centre de recherche et d’intervention sur le suicide et l’euthanasie (CRISE)

L’étude qui fera l’objet de cette présentation avait pour objectif d’examiner les conséquences de la perte par suicide d’un collègue de travail sur le bien-être psychologique et physique de travailleurs. Les observations préliminaires de cette étude révèlent qu’une importante proportion des travailleurs touchés par le suicide d’un collègue a été fortement ébranlée par la nouvelle. On note également, chez une proportion d’environ 10% des travailleurs touchés, une absence au travail allant d’une journée à plusieurs jours. Des sentiments d’impuissance et de tristesse se sont avérés être les émotions les plus souvent vécues par les travailleurs au moment de la réception de la nouvelle. La majorité des travailleurs interrogés ont indiqué l’expérience de réapparition de souvenirs en lien à la personne défunte dans les heures et les jours suivant la perte. Les symptômes typiques d’un syndrôme de stress post-traumatique étaient peu prévalents au sein de l’échantillon de travailleurs participant à l’étude. Les résultats offrent également de potentielles recommandations sur les activités de postvention menées en milieux de travail.

Auteurs de l’étude : Louise Pouliot, Brian L. Mishara*, François Chagnon, Marc Daigle, Alain Lesage, Marie Alderson, Brian Greenfield, Michel Tousignant, Angelo Dos Santos Soares, Mélissa Henry, Sylvaine Raymond, & Danielle St-Laurent.

La prévention du suicide en milieu rural: recherche et intervention

Par Philippe Roy, doctorant en service social à l’Université Laval, Ginette Lafleur, doctorante en psychologie communautaire à l’Université du Québec à Montréal, Chantal Doyon, coordonnatrice à Agri-Ressources Arthabaska-Érable et Steve Dubois, coordonnateur à l’organisme L’Arc-en-Ciel

Depuis plusieurs années, les statistiques révèlent que les plus forts taux de suicide au Québec, comme dans plusieurs régions du globe, se retrouvent dans les régions rurales. En effet, le taux de suicide des hommes ruraux est une fois et demie plus élevé que celui des hommes pour l'ensemble du Québec (27,4 décès pour 100 000 habitants contre 20,2) et le taux de suicide des femmes rurales est légèrement plus élevé que celui de l'ensemble des femmes du Québec. Pourtant, la santé psychologique des populations rurales demeure un sujet largement négligé, ce qui contribue à son invisibilité. Par ailleurs, on observe des taux de détresse psychologique et de suicide élevés chez les agriculteurs. Plusieurs facteurs ont été mis de l’avant pour expliquer cette situation, dont les problèmes financiers et de travail, les nombreux facteurs de stress et la réduction de contrôle sur leur travail, l’accès aisé à des moyens létaux et l’isolement social, dont l’absence d’un proche confident. Outre ces facteurs, les agriculteurs tendent à entretenir des valeurs telles le stoïcisme et l'autonomie, qui agissent comme barrière à la demande d'aide. D’autre part, le comportement de recherche d’aide est gêné par la stigmatisation des problèmes et des services de santé mentale. Dans un premier temps, la présentation abordera l’état des connaissances en statistiques et en recherche. Dans un deuxième temps, deux initiatives en prévention du suicide auprès des populations rurales, soient Agri-Ressources Arthabaska-Érable ainsi que ce qui est fait en cette matière par l’organisme l’Arc-en-Ciel,  seront présentées.

Le travailleur de rang...une approche proactive pour une communauté rurale solidaire et en santé

Par Maria Labrecque Duchesneau, directrice générale Au cœur des familles agricoles

Réseau Secours-Écoute de la CSST Mauricie Centre-du-Québec

Par Danielle St-Pierre, gestionnaire en santé et sécurité du travail à la CSST

Soucieuse de la santé globale de ses employés, la CSST Mauricie Centre du Québec a mis sur pied en juin 2007 un réseau d’entraide novateur pour ses employés. Bénéficiant déjà d’un programme d’aide aux employés (PAE), le comité de santé et sécurité (CSS) désirait mettre en place un mécanisme de proximité favorisant la détection et la référence aux ressources spécialisées et appropriées des employés manifestant une difficulté. Le réseau s’inscrit en complémentarité de ces deux groupes et représente une autre facette de la santé globale. Bien qu’il soit difficile de quantifier si l’implantation de ce réseau a amélioré les relations interpersonnelles et l’ambiance de travail, il est démontré qu’il favorise la demande d’aide, brise l’isolement, rapproche l’aide des gens, participe à une meilleure utilisation du PAE et enfin, collabore à humaniser les rapports au travail.

Les statistiques sur le suicide : mieux les comprendre, mieux les interpréter

Par Paul-André Perron, Bureau du coroner en chef
Comment les suicides sont-ils comptabilisés?  Quelles sont les forces et les faiblesses des statistiques sur le suicide?  Comment bien les interpréter à des fins de prévention?  La présentation proposera quelques recettes simples pour tirer le meilleur parti des données sur le suicide tout en évitant les principaux écueils qui nuisent à leur compréhension.

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