Communiqué de l'AQPS - SPS 2001

Prévenir le suicide, une responsabilité de société
 

Diffusion : immédiate

Montréal, le 8 février 2001 - Le suicide est la toute première cause de mortalité chez les hommes de 20 à 40 ans au Québec et, selon les données de l'Institut de la statistique du Québec, c'est la seule cause de mortalité qui soit en nette progression depuis ces dix dernières années (voir le graphique ci-joint). Les plus récentes statistiques (provisoires 1999) révèlent qu'un homme de 20 à 40 ans se tue à toutes les 17 heures et demi. Un vrai désastre !

C'est bien pourquoi le porte-parole de cette 11e Semaine provinciale de prévention du suicide, Michael Sheehan, lance le ferme mot d'ordre de l'année 2001 : " Pour prévenir le suicide, AGISSONS ! "

Lui-même endeuillé par suicide, Michael Sheehan donne un visage aux statistiques. Il y a un peu plus de cinq ans, Philippe Sheehan, le deuxième de ses quatre enfants, s'est suicidé. Il avait 25 ans. " Si j'avais eu dans ce temps-là les connaissances que j'ai maintenant, mon fils serait peut-être toujours là. Aujourd'hui, je le sais, le suicide se prévient. Et je vais tout faire pour que chacun sache qu'on peut prévenir le suicide… ".

Pour Michael Sheehan, juge à la Cour du Québec, AGIR, c'est avant tout dire NON au suicide. " La société, québécoise doit dire NON au suicide, comme elle a déjà dit NON à l'alcool au volant et au sida, pour ne nommer que ces deux problèmes sociaux ". AGIR, c'est aussi réaliser qu'on a le pouvoir de changer les statistiques. En effet, une loi rigoureusement appliquée et de nombreuses et insistantes campagnes de sécurité routière ont martelé le message contre l'alcool au volant. Résultats ? Progressivement, les Québécois ont changé leurs attitudes et modifié leurs comportements, de sorte que les décès de la route ont diminué de façon drastique.

Même chose pour le sida. Si cette maladie a fait d'importants ravages au Québec dans les années 80, la voici maintenant en régression. D'abord perçu comme un problème de santé cantonné à un groupe d'individus bien ciblé, le sida est devenu en peu de temps une authentique préoccupation sociale. Et qui dit préoccupation sociale dit volonté et action sociales : les fonds investis dans la recherche et la large diffusion d'un message de prévention clair ont grandement contribué au recul des décès par sida.

C'est donc probant : si la société québécoise a réussi à dire NON à ces deux problèmes sociaux majeurs, elle doit bien pouvoir arriver à dire NON au suicide. Le suicide tue pourtant bien plus d'hommes de 20 à 40 ans que les accidents de la route, les homicides, le sida ou tout autre cause. Sans compter que chaque suicide provoque une onde de choc qui ruine la vie de nombreux Québécois (proches et entourage du suicidé), leur laissant des souffrances profondes, parfois jusqu'à la fin de leurs jours.

Michael Sheehan rappelle à tous les Québécois que l'article 2 de la Charte des droits et libertés du Québec est formelle sur la question de la responsabilité sociale : " Tout être humain dont la vie est en péril a droit au secours… Toute personne doit porter secours à celui dont la vie est en péril, personnellement ou en obtenant du secours, en lui apportant l'aide physique nécessaire et immédiate… ".

AGIR, c'est cela : apporter son soutien à la personne suicidaire, chacun dans son secteur de vie ou d'activités. Chacun, en effet, peut AGIR avec les moyens dont il dispose...

 

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Pour supplément d'informations :

Olga Debiencourt, responsable des communications
Association québécoise de la prévention du suicide
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